LE PEUPLE

Pour un monde égalitaire des droits dans un environnement sain et prospère

août 2023

Portraits des femmes : Venantie BISIMWA, de la lutte communautaire à la gestion politique

VENANTIE   Bien qu’il soit difficile pour Mme Venantie Bisimwa Nabintu de parler d’elle-même, elle est l’une des rares femmes à s’être imposée comme une figure importante de la société grâce à ses connaissances professionnelles, son intelligence et son courage. Militante des débuts des droits des femmes en République démocratique du Congo, coordinatrice nationale de la Fédération des Femmes pour le Développement et la Paix (RFDP), doctorante en sociologie à l’Université de Kisangani ; une femme exceptionnelle qui a consacré une grande partie de sa vie à l’opposition aux discriminations. et la violence contre les femmes ont conduit à des changements juridiques, politiques et sociaux. Votre magazine a rencontré cette « Dame de Fer » qui, sans cérémonie, vous a confié ses sentiments et vous a offert son portrait.     Mme Venantie Bisimwa est née à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, en 1956, quelques années avant que la République démocratique du Congo n’acquière sa souveraineté internationale. A terminé ses études primaires à « l’École des Filles » de Kadutu et a obtenu un diplôme national en biologie et chimie au Collège Alfajiri. Comme toute fille digne d’une famille instruite, elle souhaitait approfondir son bagage intellectuel. Elle fut donc envoyée à l’Université de Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, où elle obtint une licence en sociologie industrielle et urbaine. Elle s’installe ensuite dans la capitale, Kinshasa, où elle travaille plusieurs années, dont environ neuf ans dans une presse universitaire au Zaïre (République démocratique du Congo). Après avoir passé plusieurs années à Kinshasa, elle part travailler sur un projet de la Banque mondiale en Ituri, qui coïncide avec la démocratisation du pays.     Cette démocratisation a créé un certain malaise politique et des troubles majeurs avec la convocation de la Conférence des Nations souveraines. La situation l’a obligée à changer d’environnement et elle est retournée à Bukavu, la ville où elle est née mais qu’elle avait quittée étant enfant, puisqu’elle n’avait alors que 18 ans. Venantie Bisimwa affirme sans conteste que cette volonté de servir la cause des femmes était sans doute liée à un sentiment de frustration de constater qu’à l’heure où la renaissance politique se profilait à l’horizon, les femmes ne faisaient pas entendre leur voix. C’est ainsi qu’elle doit sensibiliser les groupes de femmes qui réfléchissent aux moyens de s’exprimer et d’acquérir par tous les moyens leur citoyenneté. C’est dans ce contexte qu’elle crée l’Association des Femmes Cadres pour le Développement Intégral de la Femme (AFECEF), qui assure et assume l’expression politique des femmes, ce qui fut le début du mouvement féministe au Sud-Kivu, qui influença sans aucun doute le Sud-Kivu. Mouvement féministe provincial. Pour Mme Venantie Bisimwa, le moment le plus important du mouvement de l’association a été lorsqu’elle s’est consacrée à la sensibilisation, à la formation et au plaidoyer en faveur d’autres femmes afin de remettre l’association AFECEF sur pied. En outre, il y a eu la commémoration de la Journée internationale de la femme 1993 en raison de sa grande ampleur, de sa visibilité extraordinaire sur les routes, de ses grandes expositions numériques sur les femmes et de ses informations sur les conférences basées sur la hiérarchie des femmes et leurs besoins.     Cependant, ses années de lutte pour Mme Venantie n’ont pas toujours été aussi idylliques qu’on pourrait l’imaginer, et son parcours s’est heurté à plusieurs obstacles, notamment dus aux stéréotypes et aux considérations rétrogrades au sein de la communauté. Malgré tous les obstacles à son activisme, Mme Venantie affirme que sa famille constituait un refuge qui l’a empêchée d’être soumise ou instable au fil des années, surtout parce que son mari l’a acceptée et servie d’une manière ou d’une autre. Pour elle, la famille est un lieu où elle peut se remettre des frustrations, des déceptions et des petits déséquilibres. Bref, un endroit où elle pourrait trouver du réconfort et une profonde réflexion pour continuer à faire face. Son grand combat lui a valu d’être nommé adjoint au maire de la commune d’Ibanda par arrêté présidentiel, dans un contexte de lutte active au sein d’un parti politique. Par Rédaction

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Portraits des femmes : Douce Namwezi, retour sur le parcours d’une femme battante dès le bas âge

Née à Bukavu le 11 février 1989 Douce Namwezi est directrice de l’organisation Uwezo Africa Initiative qui promeut notamment les droits des femmes et des jeunes. Née de Lambert Bashizi N’ibamba et Namwezi Buhendwa Claudine, elle tire ses origines paternelles du territoire de Kabare à Bushumba, sa mère étant native de Bukavu. C’est en 2018 que Uwezo Africa Initiative voit le jour pour promouvoir des thématiques peu abordées avant comme la santé sexuelle et reproductive avec un focus sur l’hygiène menstruelle. Dans son volet promotion artistique, cette association a notamment contribué à la mise sur pied du premier espace culturel congolais basé à Bukavu dit ECKA, situé dans la commune de Bagira ainsi que de la première radio provinciale totalement culturelle. Madame Douce Namwezi N’Ibamba se décrit tout d’abord en journaliste avant d’être une activiste défenseure des droits des femmes et des jeunes. Ainsi, entre 2006-2008 pendant qu’élève, elle est à la radio Maria comme animatrice des émissions des jeunes et enfants et membre de plusieurs organisations juvéniles dont le carrefour d’enfants du Congo, le parlement de jeunes. En 2008, elle rejoint l’Association des Femmes des Médias (AFEM) entant que productrice d’émissions et rédactrice d’articles. Namwezi devient ensuite chargée de suivi et évaluation de l’organisation et plus tard à la suite des mutations internes, elle est hissée au poste de cheffe des programmes. Quelques années après, l’occasion lui sera offerte d’assurer l’intérim de la coordinatrice de AFEM. Bref, des grandes responsabilités qui l’ont forgée dans le cadre de sa carrière professionnelle. De 2019-2021, après la création de Uwezo, cette épouse et mère de 3 enfants rejoind l’ONG suédoise Kvinna Till Kvinna. Entre temps, elle mène des consultances, de recherches, des documentations sur les questions du genre, droits des femmes et promotion culturelle. Le reste de jours étant consacré à la supervision de Uwezo Africa Initiative. Cette croyante catholique obtient son diplôme de licence en 2013 à la faculté des sciences sociales, département des Relations Internationales à l’Université Officielle de Bukavu(UOB). Cela, après avoir obtenu son diplôme d’état en humanités littéraires en 2008 au Collège Alfajiri, l’institution au sein de laquelle elle a passé une partie de ses études primaires. L’autre partie a eu lieu à  l’école primaire Muhungu et à l’école La Colombe de Goma. Plusieurs formations sont dans son actif que ce soit sur le journalisme , le genre, les industries culturelles et bien d’autres. Depuis 2013, des nombreux prix ont déjà été décernés à cette habitante de Labotte à Bukavu, lui rendant hommages pour son courage dans le monde asssociatif et de défense des droits Humains. Deuxième néée de sa famille sur une fratrie de 8 dont 1 garçon, la femme de Me Placide Ntole préfère la couleur chocolat qui n’est ni sombre ni claire, définissant sa façon de percevoir les défis de la vie en les prenant chaque fois du bon côté. Une maman cool et épouse qui aime son mari et l’accompagne, Douce Namwezi mesure 1m56 et pèse près de 62 Kg. Elle souhaite enfin vivement que les compatriotes, chacun et chacune à son niveau, utilise ses compétences, ses connaissances et ses aptitudes pour apporter un changement quelconque, dans tout secteur que ce soit, pour contribuer au développement intégral de nos entités .

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Portraits des femmes : Nelly Adidja, l’engagement communautaire dans le sang

Nelly Adidja est une professionnelle de média née à Bukavu le 30 octobre …. ! Graduée de l’Institut Supérieur de l’Informatique(ISI) édition 2004, cette épouse a fait ses études primaires à Nyalukemba avant de rejoindre le lycée Cirezi pour son cursus secondaire. Elle est originaire de la province du Nord-Kivu par son père et du Maniema par sa mère. Depuis son enfance, elle est initiée par son papa journaliste à la Radio Nationale Congolaise(RTNC), d’heureuse mémoire, dans ce métier qui devient désormais sa principale profession. Son père Masumbuko Saidi décédé en 2000 et aussitôt elle est sollicitée à cette chaîne publique pour y assurer la relève. Adidja y intègre ainsi comme nouvelle unité avec comme tâches principales la lecture des communiqués ensuite sollicitée par la rédaction plus tard, présentatrice télé où elle a encore plus appris à travers ses collègues qui l’ont formée dans une rigueur absolue. Cette femme mesurant près d’1m58 fait deux ans à la RTNC avant d’être recrutée par le gouvernorat de province entant qu’opérateur de saisie, un petit “come back” dans sa filière universitaire. 4 ans lui ont suffit au sein de cet organe étatique avant de revenir dans le secteur qui, à l’en croire, la passionne et l’épanouit. Nelly Adidja de nouveau rattrapée par la plume. Elle foule ainsi la Radio Télévision Ngoma ya Kivu (RTNK) en 2011 d’abord comme journaliste reporter. Après, elle a été hissée à des postes de responsabilité dont chargée des programmes radio et télévision. En 2018, cette mère de 6 enfants est promu au poste de directrice gérante de ce tam tam numérique. En 2019, elle claque la porte pour embrasser l’Association des Femmes des Médias (AFEM) où elle oeuvre jusqu’en nos jours ! Ayant une radio nommée “mama radio”, Madame Nelly y occupe le poste de chargée des programmes et intervient aussi comme animatrice des projets. Dans ses principales tâches, elle fait le suivi des programmes dont la production, diffusion, et s’assure du respect de la ligne éditoriale de la radio ainsi que du code d’éthique et déontologie du journaliste congolais. En plus de cela, elle produit des émissions, anime des antennes et atteste que l’organisation AFEM est un cadre où elle puise assez sur l’équité du genre à sa grande satisfaction pour un monde plus juste. Qualifiée aussi en agent de terrain Nelly Adidja forme les communautés sur plusieurs thématiques à savoir les droits des femmes, les médiations communautaires, la prévention des conflits. Il s’agit aussi de la sensibilisation sur la dénonciation des  différents abus dont sont victimes les femmes. A noter que dans sa carrière professionnelle, cette femme qui pèse près de 90 Kg a également été bénéficiaire de quelques formations en journalisme dont de l’Ecole Technique du Journalisme,  Monusco, FreePress, Journalistes En Danger et l’Union Nationale de la Presse du Congo. Engagée dans sa vie professionnelle comme dans son foyer Mariée à Désiré Kyakwima journaliste comme elle et son encadreur à la RTNC, ces derniers ont 6 enfants dont 2 filles. L’ainée, 18 ans et la cadette 5 ans. L’une des sources de son bonheur au foyer atteste-t-elle, c’est d’avoir épousé un homme de média qui la comprend mieux et l’épaule sans se plaindre chaque fois que c’est nécessaire. Maman adorable et rigoureuse en même temps, Adidja pense que de nos jours c’est nécessaire d’appliquer la rigueur aux enfants pour les mettre tant soit peu à l’abri des nombreuses déviations actuelles dans nos communautés. Mère et employée pas toujours aisé, elle a, nous dit-elle, pour cheval de bataille une bonne panification en se faisant chaque fois aidée par des personnes de confiance pour un équilibre. Cette habitante de l’avenue ISGA 2 en commune d’Ibanda à Bukavu dit tenir aux valeurs fortes à ses yeux qui sont, la loyauté, le respect mutuel, l’estime de soi et la dignité. De ses brevets et mérites, en 2019, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI), lui décerne le prix patriote en or pour avoir géré la RTNK de main de maître. Plutôt en 2014, c’est le forum des acteurs de communication pour le changement intégral en collaboration avec l’UNICEF qui, à  travers un prix, lui reconnaît Femme de courage. A cela s’ajoute le diplôme de mérite lui décerné par le Barza Grand-Lac. La fille de Cécile Ramazani Mwajuma dit déterminée à apporter sa pierre à l’édifice en récoltant et diffusant toujours des informations vraies pour un plus dans nos communautés. De nos jours, elle est aussi formatrice à l’Ecole du journaliste (6e promotion).

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Portraits des femmes : Coup de projecteur sur Annie Binja Zainda

Annie Binja Zainda est congolaise de la République Démocratique du Congo, chargée de l’administration et genre au sein de l’Organisation  pour la Promotion Agro-pastorale de Développement au Congo (OPADEC en sigle) ASBL. Née à Bukavu le 8 novembre 1995, elle est Assistante du Président du Conseil d’Administration et chargée de suivi au sein du Conseil d’Administration de la Radio Gorilla FM, un média communautaire et environnementale basé au Parc National de Kahuzi Biega dans le Sud-Kivu. De nos jours, cette aînée de sa famille dans une fratrie de 5 enfants est mariée et mère d’un garçon de près de 2 ans. Licenciée en droit de l’Université Officielle de Bukavu (UOB), elle acquiert trop jeune le sens de responsabilité et de leadership depuis le cadre familial. Déjà à l’école primaire, secondaire et même l’université, elle conduit les autres entant que cheffe de classe ou encore membres des collèges des étudiants. A l’école secondaire, Binja intégre « TROUPE THEALE » qui l’a forgée dans les caractères des personnages, la manière de les incarner ainsi que le style rédactionnel des poèmes et des pièces de théâtre. Elle joue plusieurs fois le rôle d’avocate qui plaidait la cause des femmes victimes des viols et violences sexuelles pendant la période de guerre. Des pratiques qui ont suscité en elle la passion pour le droit, la faculté qu’elle embrasse plus tard à l’UOB. Cette habitante de Nguba à Bukavu commence le monde humanitaire étant encore à l’université en faisant du bénévolat dans quelques Organisations notamment V-DAY, LDGL et Future for All. Un courage qui lui ouvre en Janvier 2016 une carrière professionnelle proprement dite, recrutée par Futur For All entant qu’Experte technique en Genre. Membre Co-fondatrice de la Radio Gorilla FM basée au PNKB crée en Avril 2019, elle y exerce quelques fonctions. C’est notamment de chargée de suivi et évaluation pendant plus d’une année et de chargé de l’administration et de finance pendant une autre année. Présentement, elle assiste le Président du Conseil d’Administration et chargée de suivi au sein du Conseil d’Administration. Membre co-fondatrice également de l’Organisation OPADEC, elle y travaille depuis 2022 comme chargée de l’administration et genre. Cette association est focalisée sur la lutte contre la toxicomanie ou addiction en milieu juvénile, VSBG liées à l’abus de drogues et la promotion de l’entrepreneuriat. Pèse 55 Kg, Annie Binja est aussi Peace Fellow pour le compte d’Action pour la Paix et la Concorde (APC) au Sud-Kivu en RDC dans le cadre du programme régional piloté par Interpeace. Ce programme vise à fournir aux jeunes des connaissances et compétences qui leur permettront de jouer un rôle efficace dans les processus de gouvernance, consolidation de la paix et de développement a tous les niveaux. Née de monsieur Lambert Zainda et madame Orthense Solange, cette amoureuse de la couleur rose tire ses origines du territoire de Kabare, celui de ses deux parents ! Les loisirs de l’élève de l’école primaire Kashumo à Bagira et Bwindi au secondaire dans le temps sont notamment la musique, sport, lecture, voyage. Annie Binja Zainda finit par lancer un message fort à tous les jeunes comme elle à se rendre utile dans la communauté à travers des apports positifs et cela de quelque manière que ce soit !

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Portraits des femmes : Kinjaah, la musique, au-delà d’une passion

Kinjaah est une artiste musicienne, compositrice, interprète et actrice évoluant à Bukavu dans la province du Sud-Kivu en RDC. Elle s’intéresse dès le bas âge à la musique et intègre à huit ans une chorale locale des petits chanteurs, dans le but d’améliorer son oreille musicale. En 2011 elle enregistre sa toute première chanson solo, âme seule. La musique est pour elle un canal par lequel exprimer tout ce qu’elle ressent à travers une harmonie mélodique. En collaboration avec Aldor, elle organise un concert live, le 19 novembre 2017 au restaurant Saint Luc situé en commune d’Ibanda. En 2015, à la fin de ses études universitaires, la musique devient pour Kinjaah une profession et enchaine productions et enregistrements de divers titres qui ont épaté plus d’un mélomane à Bukavu, à l’instar de la chanson, you and i, qui a connu la collaboration de Cor Akim, un autre artiste musicien de Bukavu. Dans la même année, elle est invitée au festival Yolo, you only live once, qui s’est tenu à Bukavu et dans lequel elle remporte le trophée, High artist, ou meilleure artiste de la région des grands-lacs. Kinjaah, signe juste après un contrat avec le label Makspeakers pour la production de son premier maxi single, Fresh contenant des titres tels que mon cri, fresh, Iyoo Mamaeeh et il sait quoi faire. A sa sortie officielle, elle organise un concert dans l’amphithéâtre du collège Alfajiri en avril 2016, devant un public énorme venu assister à cette rencontre musicale. Avec Aldor Chibembe, un artiste rappeur slameur de la ville de Bukavu, ils ont collaboré sur une chanson, here i am. Est venue en suite l’idée d’un maxi single avec le même artiste dont la sortie officielle a eu lieu le 07 juillet 2017 à l’institut français de Bukavu. Elle a également pris part en Afrique du Sud, à un atelier qui a réuni plusieurs musiciens venus de l’Afrique francophone et dont les échanges portaient sur diverses techniques musicales liées à la voix et la bonne manière pour captiver le public. Selon Kinjaah, la musique c’est la vie, l’élément qui lui permet de vivre, et de passer le message à ses mélomanes à travers un rythme harmonieux. Elle exprime à travers ses chansons tout ce qui est autour d’elle, de l’amour à la paix en passant par les réalités de la race humaine et le divertissement. Parmi ces grandes difficultés, elle cite les vices et coutumes rétrogrades à l’égard des artistes en général et des musiciennes en particulier, mettant en doute leur intégrité. Ajouter à cela le fait que plusieurs personnes considèrent la musique comme un passe-temps et non une profession dans laquelle investir. Une situation les obligeant de se démener avec des propres moyens, qui du restent ne leur permettent pas de réaliser différents projets. Elle dit continuer à travailler afin de réaliser ses ambitions dans le monde musical, visant à atteindre le niveau international et devenir la référence de la musique dans toute sa région. « Le fait pour moi d’être considérée comme étant l’une des plus belles voix féminines de la province me pousse à bosser plus et à donner le meilleur de moi afin de toujours donner un produit fini appréciable par un plus grand nombre de personnes. Et surtout devenir un exemple de réussite pour d’autres musiciens et les générations à venir » explique Kinjaah. Elle conseille à d’autres artistes de fournir amples efforts, car pour elle le travail précède la gloire, et demande à ceux-là qui ont les ambitions de faire de la musique, de se rassurer de l’attachement qu’ils accordent à cet art avant de se lancer. Par Musaba Proust

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Portraits des femmes : Nicole Menemene, la Congolaise qui valorise les déchets plastiques

Nicole Menemene est la fondatrice de Plastycor, est une entreprise sociale engagée dans le recyclage et la valorisation des déchets plastiques en République démocratique du Congo. En collectant les déchets plastiques dans les rues, les caniveaux et les lacs, Plastycor donne une nouvelle vie à ces matériaux polluants. Nicole Menemene âgée de 30 ans elle crée son entreprise en décembre 2019. Tout est parti d’un simple constat. Lors de ses balades, elle constate amèrement que les déchets plastiques envahissent le lac Kivu et bouchent les caniveaux, détruisant l’environnement. L’idée de recycler ces déchets pour leur donner une nouvelle vie est ainsi née. A Bukavu, Nicole Menemene s’entoure d’un réseau local, composé essentiellement de jeunes, qui l’aide dans le ramassage des déchets plastiques (bouteilles en plastique, sachets plastiques, bidons…). Après la collecte, place à la transformation : bouquets de fleurs, tableaux artistiques, fauteuils, étagères, paniers multi-usage, murs avec et sans maçonnerie. La liste des produits issus de la valorisation de ces déchets est longue. Nicole Menemene et son équipe font preuve de créativité et d’innovation pour les réinventer. En 2020, elles ont pu valoriser, de manière artisanale, 18.000 bouteilles plastiques, surtout dans la construction d’une maison à Bukavu. « J’étais révoltée de voir les gens garder leurs déchets dans leurs sacs mais lorsqu’ils arrivaient à Bukavu, ils les jetaient sur la route. Cela m’énervait », dit-elle. Grâce aux déchets plastiques collectés, elle et toute son équipe transforment certains déchets en bouquets de fleurs et en tableaux artistiques. Avec les bouteilles en plastique, Nicole fabrique des fauteuils, des étagères, des paniers multi-usage, des murs avec et sans maçonnerie etc. Ces productions sont achetées par des individus mais aussi par des organisations qui sont dans le besoin.   En 2020, environ 18.000 bouteilles plastiques ont été mises en valeur par Plastycor dans la construction d’une maison dans le village de Katana situé à environ 43 kilomètres de la ville de Bukavu. Pour réaliser toutes ces œuvres, Nicole collabore avec des jeunes filles et garçons de différents quartiers de Bukavu. « J’aime beaucoup m’entourer des jeunes. Ils sont vraiment dynamiques et créatifs. Alors, j’ai trouvé que c’était plus facile pour moi de travailler avec les jeunes, avec lesquels je peux communiquer facilement », raconte Nicole Menemene. A ce jour, Nicole travaille encore d’une manière artisanale. Cela ralentit sa production d’autant plus que son entreprise n’a pas encore de gros moyens pour se procurer les machines. Depuis le début de l’année 2022, son entreprise a collecté au moins trois tonnes de déchets plastiques. Elle appelle le gouvernement congolais à accompagner les jeunes entrepreneurs. Elle appelle également la population à adopter un comportement responsable en évitant de jeter les déchets dans la rue et en achetant les produits recyclés fabriqués localement. La ville de Bukavu n’en sera que plus belle. Innovation sans Limite Nicole et son équipe continuent de repousser les limites de la créativité pour réinventer les déchets plastiques. Plastycor a pour objectif d’étendre ses activités pour un impact encore plus important dans la préservation de l’environnement.

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