LE PEUPLE

Pour un monde égalitaire des droits dans un environnement sain et prospère

juillet 2023

Portraits des femmes : Solange Shagayo Kagombe, l’étoile des jeunes bergers

Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Solange Chagayo-Kagombe est la directrice de la radio star L’Etoile du Berger. Aujourd’hui, elle montre le chemin aux jeunes, notamment aux femmes, mais son chemin a été plus difficile qu’une étoile filante. L’Etoile du Bergé, actuel directeur de Radio Star de Bukavu, revient sur ses aspirations initiales en 2008. À cette station, elle a grandi petit à petit. Après avoir travaillé comme modérateur et responsable marketing, j’ai finalement été intégré à l’équipe éditoriale et promu chef de programme. Il y a huit ans, elle était manager de transition et certains de ses collègues masculins continuaient de serrer les dents. « J’avais des hommes du même âge que mon père, mais ils n’arrêtaient pas de dire qu’ils étaient plus qualifiés. » N’ayant pas peur des obstacles, Solange a suivi deux années de formation en journalisme via l’IWPR (Institute for War and Peace Reporting, un réseau international d’organisations de soutien aux médias) et a obtenu un Master international en administration des affaires de l’École de journalisme de Lille. (ESJ, France). Après cela, elle a finalement été approuvée comme réalisatrice… Sa combativité est probablement due à son enfance troublée. « En 1996, quand j’avais 10 ans (pendant la première guerre du Congo, ndlr), j’ai quitté Bukavu dans un grand bruit. Des armes. J’ai été séparé de ma famille. » A cette époque, Solange Shagayo Kagombe rencontre de nombreux jeunes vivant dans la rue et dans les camps de réfugiés, dont beaucoup sont encore plus défavorisés qu’elle. Travailler deux fois plus que les hommes ! Elle marque un temps de silence, puis résume : « Cette expérience est sans doute à l’origine de mon engagement pour les jeunes. Quand je suis revenue à Bukavu en 2006, je voulais mener des plaidoyers pour eux, afin de les encourager à entreprendre et comprendre qu’ils pouvaient construire leur avenir sans forcément devenir députés. » À Radio Star (L’info à la portée des jeunes), elle va trouver un canal pour faire passer son message et forcer sa nature timide. « Enfant, Solange ne parlait pas beaucoup… Alors, quand elle nous a annoncé son truc de journalisme, on lui a demandé ce qu’elle allait dire à la radio ! », se souvient, amusée, Sylvie Muray sa grande sœur, avant de conclure : « Elle a un talent caché, car à l’antenne elle est elle-même ! » Solange reconnaît presque une double personnalité : « Je suis réservée, mais dans le cadre professionnel, je parle quand il faut parler ! » Christian Mihigo, l’ancien coordonnateur de Radio Star, salue « son savoir-être, son savoir-faire et son leadership ». De sa voix douce, Solange Shagayo Kagombe réagit d’ailleurs à présent avant tout en directrice : « Ce qui me motive aujourd’hui, c’est le parcours de Radio Star, une équipe de jeunes compétents et motivés. Dans le cadre du projet Médias 360° de CFI, deux de nos journalistes ont été formés. Nous avons à présent un site web régulièrement alimenté en articles et nous sommes passés de 2000 à 10000 abonnés sur notre page Facebook. » Pas de quoi faire perdre son cap au capitaine Solange : « Pour nous faire accepter et réussir, il nous faut travailler deux fois plus que les hommes ! Nous devons étudier et saisir toutes les opportunités pour être les meilleures ! » À la tête de Radio Star, L’étoile du berger, une station dont le personnel a une moyenne d’âge de 24 ans, Solange Shagayo Kagombe donne de la voix et montre la voie à suivre. Dans 10 ans… Jusqu’où la bonne étoile de Solange Shagayo Kagombe la mènera-t-elle ? Elle se voit “directrice de communication d’un grand média ». Christian Mihigo, son ancien coordonnateur à Radio Star, l’imagine, lui, « apporter un vent de changement dans le monde médiatique. » L’intéressée milite déjà pour un changement de certains textes pour diminuer les taxes imposées aux médias de provinces, mais aussi pour durcir les critères permettant aujourd’hui à n’importe quel politicien ou presque de lancer sa radio avant une élection, avec des journalistes sans contrats, ni salaires… « Résultat : certains journalistes écrivent pour faire plaisir à ceux qu’ils ont interviewés et qui ont payé leur transport, » déplore Solange. Elle-même se verrait bien dans dix ans responsable d’une organisation d’appui aux médias ou d’appui aux jeunes, ou, si elle en a des moyens, professionnaliser l’équipe de Radio Star ou créer une autre radio communautaire éducative pour les jeunes.    

Portraits des femmes : Solange Shagayo Kagombe, l’étoile des jeunes bergers Lire la suite »

Portraits des femmes : Sifa Kasongo Raïssa, une passion pour le journalisme

De ses noms Sifa Kasongo Raissa, la Cheffe des Programmes et Informations (CPI) à la radio Maendeleo est congolaise de la République Démocratique du Congo(RDC). Elle est née à Bujumbura le 20 août 1987 de Cirezi Rutuga Espérance native de Nyangezi et Turunjale Melance Kasongo d’heureuse mémoire ressortissant du Kasaï Oriental dans le territoire de Lupatapata. Etudes faites Cursus primaire achevé à Bujumbura, et secondaire à l’Institut Kasali en 2007 en latin-philo après, plus tôt, quelque années à l’école de l’ambassade du Congo à Bujumbura. C’est depuis 1994, lors de la guerre civile au Burundi que le feu Kasongo rend l’âme en septembre. Sifa, sa veuve mère et toute la famille rejoignent Bukavu. Ces enfants seront ainsi élevés par la famille de Cirezi Rutuga Espérance leur maman, se considérant donc plus Shi que Kasaiens. Parcours professionnel Après le diplôme d’Etat, cette mère de 4 enfants arrête les études près de deux ans pour raison de santé. Juste après son rétablissement, elle se lance dans la vie active et demande d’abord un stage à l’Institut National de Securite Sociale(INSS) actuellement appelé Caisse Nationale de Securite Sociale (CNSS) en 2009 pour une période de 6 mois. En 2010, elle se soumet à l’apprentissage de l’informatique au centre de l’Université Catholique de Bukavu (UCB) dans le temps situé à labotte suivi d’un certificat. Ce passage sera ensuite accompagné de son intégration à Radio Maendeleo comme stagiaire. Sifa y a ainsi pris le goût du métier de journaliste ne considérant plus pour opportuns, ses attachements à la médecine, sa faculté de prédilection à l’époque. En 2011, elle entame avec l’Institut Supérieur de L’Audiovisuel (ISA) pendant que toujours attachée à cette chaîne communautaire. En 2012, la radio Maendeleo donne à cette habitante de Panzi sur avenue Jean Miruho à Bukavu, l’opportunité d’intégrer un projet en tant que journaliste pigiste. Pendant 2 ans, elle est formée sans arrêt sur le journalisme sensible aux conflits, aux discours de haine ainsi qu’aux stéréotypes dans la région des Grands-Lacs. Des déplacements récurrents dans cette zone composée du Rwanda, Burundi ainsi que la RDC pour le compte du projet l’exige à suspendre le cours. En 2013 le projet prend fin. Raissa reprend les études au Centre Universitaire de Paix (CUP), un cursus qu’elle acheve en 2019 en communication des organisations. Un peu plutôt, la nommée change de statut en 2014 et devient l’épouse de Mr Lunanga Watukalusu Aimé qui est pour elle à ce temps là, une épaule très forte pour l’obtention de sa licence. En 2014, un autre projet commence avec l’Association des Femmes des Médias (AFEM) et la Synergie des femmes pour la Paix et la Réconciliation des peuples des grands lacs d’Afrique (SPR) avec d’autres organisations hollandaises. Le dévolu sera une nouvelle fois jeté sur cette épouse, qui intègre ce nouveau programme qui a pour focus le genre. « Femme au Fone » parceque c’est bien de ce projet qu’il s’agit est ainsi axé sur la sécurisation des droits des femmes ainsi que leur sécurité. Sifa Kasongo Raissa y est comme journaliste. Dans la procédure, elle et ses coéquipières se chargent de récolter les messages des femmes alertant sur toutes les formes d’insécurité et violence dont elles sont victimes. Il était question de ce fait de vérifier la véracité des faits et faire les plaidoyers formels ou informels pour le respect des droits des femmes à travers des articles à poster, les spots et émissions éducatifs à diffuser, les audiences auprès des décideurs, séances de sensibilisation et autres. A l’issue de 4 ans d’activités intenses, des retours relatifs au travail effectué tout le long ont été, à en croire notre source, plus que satisfaisants parce que plusieurs femmes avaient banni la peur de dénoncer ces violations par exemple. Après, Kasongo reste de pleins pieds focalisée dans la rédaction de la Radio Maendeleo entant que présentatrice des journaux en français, Swahili et animatrice où elle exerçait partiellement pendant qu’affectée à ce projet. Ensuite, elle est nommée assistante du secrétaire de rédaction. En 2016, cette femme mesurant près d’1m55 postule comme tant d’autres en interne au poste de chargée des programmes et Information et sera à sa grande satisfaction confirmée par le conseil d’administration de cette radio emettant à Bukavu sur la 88.8 Mhz. A ces nouvelles attributions, elle organise de manière générale le travail des journalistes et des producteurs externes. Cette maman d’une fille et trois garçons collabore aussi activement avec le rédacteur en chef en supervisant une équipe constituée de nos jours de 12 Journalistes. Raissa Kasongo atteste être une épouse qui complète son mari dans tous les domaines de la vie dont financier, spirituel, moral et autres pour un équilibre familial. Ses enfants sont quant à eux tout ce qui constitue sa motivation et sa force de se lever chaque jour et se battre, n’espérant qu’au meilleur et une vie apaisée pour ces derniers. Enfin, les valeurs les plus fortes aux yeux de cette maman qui pèse 82 Kg sont le respect de l’humain et de l’aîné, la tolérance ainsi que la considération et l’affection.

Portraits des femmes : Sifa Kasongo Raïssa, une passion pour le journalisme Lire la suite »

Portraits des femmes : Esther Mwa Mubange , le tissage comme symbole de la résilience

42 ans d’âge en cette année 2023, Esther Mwa Mubange est ressortissante de Goma au Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Ses parents Mubange François et Venancie Mwa Kipap d’heureuse mémoire sont originaires de Masisi dans la même province. Prise pour la vie conjugale par le père de ses enfants, Mme Esther est ainsi obligée de fouler la province voisine le Sud-Kivu où elle habite à Nyatende dans le territoire de Kabare. N’ayant pas eu la chance de fréquenter le cursus scolaire, cette mère de 4 enfants a dû se tourner vers le travail manuel. En 2019, elle entend parler des séances gratuites de capacitation organisées par la Fondation Panzi du prix Nobel de la paix 2018 Denis Mukwege à Bukavu. Elle prend son inscription du coup, un apprentissage qui lui prend un an pour maitriser l’art de confectionner les paniers. A l’issue de sa période de formation, cette femme est dotée de 4 rouleaux de files pour l’aider à perfectionner ses connaissances et s’assurer une certaine autonomie. Mwa Mubange capitalise pour cela les acquis. Elle devient fournisseur des paniers à certains commerçants qui font les fins fonds des territoires. Une procédure qui lui apporte toujours des moyens pour subvenir aux besoins de ses 2 filles et 2 garçons parce qu’ayant perdu son époux il y a de cela près de 5 ans. A part ces commerçants, cette femme ravitaille également les habitants de son entité en paniers et n’hésite pas à former les désireux en contrepartie d’une somme d’argent convenue entre les deux parties. Œuvrant au village, elle fixe ainsi le prix unitaire de ses produits finis entre 2500 Francs Congolais(FC) soit près de 1$ et 10.000 FC pour plus d’accessibilité. Défis Esther Mwa Mubange a récemment été bouleversée par la mort de ses plus grands preneurs, ces commerçants qui fréquentent les territoires. Depuis, elle mène une vie difficile parfois sans moyens nécessaires pour subvenir aux besoins de sa progéniture étant donné que ses clients de Nyantende sont démunis, achètent rarement et à des bas prix. Pour survivre, elle est alors obligée de mixer son métier d’artiste à celui de petite vendeuse pour nouer les deux bouts. Du matin au soir, cette maman de près d’ 1m53 de long parvient à confectionner 3 paniers, un art qu’elle atteste faire avec un si grand dévouement et beaucoup de passion.

Portraits des femmes : Esther Mwa Mubange , le tissage comme symbole de la résilience Lire la suite »