LE PEUPLE

Pour un monde égalitaire des droits dans un environnement sain et prospère

mai 2023

Portraits des femmes : Agnès Sadiki, journalisme, politique et lutte communautaire

Elle débute sa carrière journaliste en 2001. Passionnée de la presse depuis son enfance, dit-elle, celle-ci a toujours été animée par le souci de former et d’informer les communautés. Actuellement, journaliste à la Radiotélévision Nationale Congolaise, station du Sud Kivu. Elle se définit comme le soldat du peuple d’où son abnégation malgré toutes les éventuelles contraintes. Cependant, elle fustige les conditions précaires dont certains professionnels des médias traversent. « Le développement et la démocratie riment avec une presse libre, indépendante et neutre. »  Confie-t-elle.  Femme leader et potentielle candidate aux élections générales de décembre 2023, elle a toujours appelé toutes les femmes toutes tendances confondues à la solidarité afin qu’elles soient élues dans diverses circonscriptions électorales.

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Portraits des femmes : Julienne BASEKE, une lutte éternelle pour la défense des droits des femmes

Julienne Baseke Nzabandora (Congo, Kinshasa, 1979) est la coordinatrice de l’Association des Femmes des Médias – AFEM et directrice de Mama Radio, une radio thématique émettant depuis la ville de Bukavu, à l’Est de la RDC. Elle est également experte en genre et résolution 1325 des nations unies. Elle a grandi à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, et a écrit de la poésie ainsi que du théâtre, toujours sur le thème de la condition de la femme et de la paix. Diplômé en Sociologie, elle dispense des cours à l’Université Officielle de Bukavu. Durant la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo de 1996 à 2003, les violences sexuelles ont été utilisées comme arme de guerre contre les femmes. Julienne Baseke, témoin de toutes ces atrocités a décidé de documenter et diffuser depuis plusieurs années des témoignages de cas de violence à travers l’Association des femmes des médias, AFEM, est un réseau de femmes journalistes qui s’efforcent de changer cette réalité en exploitant l’impact des médias féministes et en faisant progresser la promotion holistique des femmes dans l’ensemble du secteur. Les cas de violence ont été particulièrement crus au Sud-Kivu, la situation a été encore pire au Nord-Kivu et dans la région de l’Ituri, l’exploitation illégale des minerais et la présence de groupes militaires qui leur sont liés, l’insécurité, les violences sexuelles contre les femmes et les enfants, l’augmentation des cas de VIH et la migration interne des citoyens, entre autres. Dans cette optique le combat de Julienne BASEKE a trouvé tout son sens car il a mis à profit divers instruments nationaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme pour faire entendre la voix de la femme tout en luttant pour leur inclusion. Le cas de la défense du protocole de Maputo visant à garantir les droits des femmes, y compris le droit de participer au processus politique, l’égalité sociale et politique avec les hommes, une autonomie améliorée dans leurs décisions en matière de santé et la fin des mutilations génitales féminines. Le nombre de femmes décédées lors d’avortements clandestins pour faire face à des grossesses résultant de cas de violence a également considérablement augmenté, même si ce protocole de Maputo protège les femmes et jeunes filles, plusieurs médecins ne soignent pas les femmes. L’association AFEM qu’elle dirige continue de recevoir de nombreuses plaintes de ce type via l’application Femme au Fone, où à travers laquelle des violences sexistes et politiques sont dénombrées.  

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Portraits des femmes : Emilie Cibembe, une passion pour la profession associative

Émilie Cibembe est née à Bukavu le 20 mars 1989. Walungu est son territoire d’origine. Son père étant natif du village de Munzinzi dans cette entité et s’appelle Cibembe Cirhulirwe Arcade. Chantal Baganda de Ngweshe à Ciherano a donné naissance à cette femme mesurant près de 1m70. Ecole primaire faite au collège Alfajiri et secondaire achevée au lycée Wima, Émilie a par la suite rejoint l’Université Catholique de Bukavu (UCB) pour sa licence en droit, obtenue au cours de l’année académique 2012-2013. En surmontant un temps de chômage après la faculté, cette mère de 4 enfants a dû intégrer la clinique juridique dénommée Agape initiée en collaboration avec certains de ses collègues. Ainsi, de 2015 à 2017, le travail de ces jeunes à l’époque des juristes sans qualité d’avocat mais de défenseurs judiciaires pour certains se résumait en l’accompagnement des démunis sans moyens d’affronter la justice à travers les dossiers pro deo. En 2019 cette épouse prête serment pour bien exercer son métier d’avocate avant que les tâches du suivi et évaluation ne l’appellent dès 2020 au sein de l’organisation COFAS (Conseil des Organisations Féminines Agissant en Synergie). Peu avant, elle a fait un passage en avocate stagiaire à la clinique juridique de la Fondation Panzi à Bukavu toujours. Du suivi et évaluation aux programmes dans COFAS, Émilie Cibembe se charge actuellement entre autres de rédiger des projets à soumettre à des probables partenaires et bailleurs pour appuyer encore davantage cette organisation qui met la femme au premier rang de ses luttes. Dans son job description, elle va jusqu’à superviser l’exécution des tâches liées aux différents projets dans les divers territoires de la province du Sud-Kivu. COFAS Le COFAS est un regroupement de différentes associations qui militent pour les droits des femmes en particulier.Il se charge ainsi de capaciter les organisations désireuses sur cette thématique pour plus d’impact dans la promotion de la femme. 14 ans après son mariage, Émilie Chibembe se décrit en une maman aimante et épouse coopérative et souple à communiquer pour l’équilibre de son ménage. Entant qu’employée, elle reconnaît parfois l’impatience qui la caractérise face à la lenteur de ses collègues dans l’exécution des tâches. Elle n’a ainsi que la seule option de leur mettre la pression pour l’atteinte des objectifs, pour rappel dans COFAS, fixant la femme au centre.

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Portraits des femmes : Liza Kashibura : nos talents sont comme des fusils que nous utilisons pour survivre à la guerre

Elle compte hisser son regroupement au-devant de la scène sur toute l’étendue du continent africain au bout de dix ans. De teint noir clair, elle pèse 69 Kilogrammes, souvent calme et toujours souriante. Elle s’est retrouvée maintes fois à la tête des mouvements associatifs des jeunes durant sons cursus scolaire et académique. Liza Kashibura ou Kash tout court comme l’appellent ces proches, est une jeune demoiselle qui présente un profil aussi complexe que la force de son enthousiasme dans l’accomplissement des actes de charité. Un profil qui du reste ne reflète pas les 26 ans d’âge de la jeune femme licenciée en sciences économiques et de gestion dans une institution universitaire de la ville de Bukavu. Elle est le genre des filles qui n’ont pas d’aliments préférés, mais qui a cas même des aliments non-préférés. Un peu drôle tout de même. Elle est l’initiatrice et coordinatrice-manager d’un regroupement des jeunes intitulé, Leaders Race. Selon Liza, son association est un rassemblement des jeunes artistes (musiciens, danseurs, chanteurs, slameurs, comédiens, designers, photographes, auteurs, stylistes/mannequins, etc.) œuvrant pour le relèvement de l’Afrique en général et en particulier de la jeunesse africaine à travers l’art. « En parlant de relèvement, nous faisons allusion au changement sur le plan social, culturel, économique et surtout mental. De la souffrance à la joie en passant par la cohabitation; nous abordons diverses thématiques qui relatent le vécu quotidien des habitants et redonnons espoir aux catégories de personnes défavorisées au sein de la communauté » fait savoir cette jeune femme d’une taille de 1mètre 65 cm dont la passion d’aider les gens à donner le meilleur d ‘eux-mêmes vient avant l’amour des chiffres. Avec différents artistes de Leaders race, ils composent des chansons, des textes narratifs, produisent des pièces théâtrales, des images et conçoivent des ballets qui interpellent et donnent matière à réflexion à divers acteurs communautaires. « Nous exprimons notre idéal de vie par nos talents. Nos talents sont comme des fusils que nous utilisons pour survivre à la guerre, aux injustices qui gangrènent la société dans laquelle les jeunes évoluent et qui les poussent à se noyer dans l’alcool, la débauche, la drogue et le meurtre » renchérit Liza, qui durant ses moments de détente écoute en boucle les chansons gospel du groupe américain Hillsong United et d’autres titres de rythme slow, blues et country. Lancé officiellement le 24 juillet 2016 sous le thème, un jeune face à son talent, Leaders race entreprend depuis sa mise sur pied diverses sorties. Outre ses prestations dans différentes activités dans lesquelles il est invité ; le groupe a livré d’autres productions. A titre d’exemple, le spectacle « La honte » présenté le 08 juillet 2017 dans l’amphithéâtre du collège Alfajiri. Récemment, dans le mois d’avril 2018, Kash et sa suite ont organisé un apostolat dans le village de Chireja à Kavumu au foyer des jeunes mal nourris. Initiatrice, coordinatrice et en même temps manager de son association, elle est obligée tout le temps de mettre la main à la poche pour subvenir aux besoins tant financiers que matériels du groupe.   « La satisfaction intérieure que je tire du fait d’aider les autres m’est difficile à décrire… C’est comme accomplir ma mission, celle pour laquelle j’ai été créée » martèle-t-elle toute souriante et fière d’elle même.   Même après ses études, elle ne compte pas faiblir, mais promet de chercher encore plus de moyens afin de financer continuellement les activités de Leaders Race. Son ambition est de faire de Leaders race un empire influant sur toute l’étendue du continent africain, en même temps un label de production qui permettra à ses membres de générer des capitaux et contribuer à la réduction du chômage des populations jeunes.   Elle conseille à la masse juvénile de ne pas se sous-estimer car ajoute-t-elle un véritable pouvoir extraordinaire sommeil en eux.   « C’est vrai… ce que vous êtes aujourd’hui n’est pas ce que les autres ont faits de vous ! Vous êtes responsable de vos choix et vos choix vous définissent. Vous pouvez décider de suivre la masse ou vous décidez de juste suivre la voix que personne n’emprunte. Un peu comme de la folie ! Quand vous inspirez votre entourage, vous devenez indispensable à celui-ci. Soyez des femmes et des hommes d’impact, changer votre environnement, soyez des pionniers » conclut-elle.   Par Musaba Proust

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