LE PEUPLE

Pour un monde égalitaire des droits dans un environnement sain et prospère

septembre 2023

Portraits des femmes : Professeur Nathalie VUMILIA NAKABANDA, une matière grise au profit de la justice et l’équité

Nathalie Vumilia NAKABANDA est congolaise née à Nyangezi groupement Karhongo, village Irhaga dans le territoire de Walungu le 19 février 1975. Professeure enseignante de droit dans plusieurs universités de la ville de Bukavu et ses environs, cette mère de 5 enfants embrasse cette Faculté en 1996 pour se venger contre les différentes injustices qu’avait vécue sa veuve mère décédée le 02 mai 1992. C’est à ses 3 ans d’âge seulement que le père de Vumilia (20 mai 1977) rend l’âme. Sa mère avait ainsi traversé toutes les difficultés liées à la négation de ses droits. Parmi les violations, notre source fait allusion au droit à l’héritage ou à la liquidation de la succession du défunt Bavon NAKABANDA ou de leur régime matrimonial. Une situation qui met en difficulté la mère de la professeure, Marcelline Ndjabuka M’MASONGA avec des retombées négatives directes sur la possibilité, à ce temps-là, de subvenir aux besoins de ses 10 enfants désormais orphelins de père. Car si la mère n’a eu aucun droit, les enfants devraient subir le même sort puisque la coutume prime parfois au droit écrit. En l’année académique 2001-2002, une année très élastique qui avait pris fin en 2005, Nathalie Vumilia NAKABANDA obtient ainsi sa licence à l’Université Catholique de Bukavu (UCB), suivi d’un master complémentaire en droits de l’homme en Belgique, 2009-2010. En 2017 (3 mai), toujours en Belgique, elle achève ses études doctorales en Sciences juridiques avec un accent particulier sur la protection des vulnérables dont les veuves. Son sujet de thèse était : « La protection des droits de la veuve en République démocratique du Congo. Quelle effectivité ?. Dès la fin de ses études de droit à la Faculté de droit de l’Université catholique de Bukavu, cette femme, Nathalie Vumilia NAKABANDA, s’engage dans l’enseignement et la défense des droits de la femme et de l’enfant.  De retour de la Belgique, sa mère n’est plus, cette chrétienne catholique avec son bagage supplémentaire en droit successoral et droits humains, poursuit de plein pieds sa passion : l’enseignement, la recherche et la défense des droits des vulnérables. Une passion qu’elle avait tenue d’un de ses professeurs à l’occurrence Professeur Séverin Mugangu MATABARO alors qu’étudiante. Son travail se résume ainsi à la recherche, l’enseignement et la défense des droits des vulnérables dans lequel elle dit trouver tout son épanouissement. « Je suis professeure à l’UCB à la Faculté de droit, à l’Institut Supérieur de Développement Rural(ISDR), Professeure invitée à l’Université Évangélique en Afrique (UEA), l’Université Officielle de Bukavu (UOB), l’ Université Notre Dame de Tanganyika (UNDT) à Uvira, l’Institut Supérieur d’Informatique et de gestion (ISIG), l’Université de Goma (UNIGOM) et l’Université La Sapientia de Goma. J’accepte toutes ses charges en vérité parce que transmettre mes connaissances me donne du vrai plaisir. » Explique-t-elle. Et d’ajouter; « Aujourd’hui, certains de mes anciens étudiants occupent de postes de responsabilité notamment au sein de l’appareil judiciaire, de bons avocats, de prestataires de ce droit appris au sein de la communauté. Rassurez-vous, ce que j’enseigne je le vis d’abord moi-même en faisant un maximum d’efforts pour faire ce qui est correct, c’est-à-dire prôné par la loi. J’anime des séminaires, conférences et fais des formations sur les questions juridiques, le genre, les droits des femmes et des enfants dans le seul but d’atteindre un nombre important de bénéficiaires » conclut cette élève de l’Institut Weza à Nyangezi et du Groupe scolaire congolais au Burundi dans le temps. Études primaires achevées au groupe scolaire zaïrois au Burundi ainsi que le cycle secondaire, un établissement dénommé en ces jours Groupe scolaire congolais de Bujumbura. Toujours et encore Nathalie Vumilia NAKABANDA est actuellement membre du Conseil d’administration de la Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP), une organisation qu’elle avait rejoint depuis les années 2006 d’abord en tant que formatrice occasionnelle des questions juridiques au sein de la communauté qui compose les différentes paroisses du Diocèse de Bukavu. Elle est ensuite dans Grappes vers 1997, un groupe de réflexion d’analyse et débat des questions politiques mis sur pied par l’église catholique. Inscrite au tableau entant qu’avocate en 2021, elle intègre également le monde politique en 2012 au sein de l’Alliance des Forces démocratiques du Congo (AFDC). Pour des raisons d’études, bien qu’elle fût présidente fédérale du parti, elle quitte la politique jusqu’en 2021. C’est le parti dénommé Bloc Uni pour la Renaissance et l’émergence du Congo (BUREC) qui l’accueille et fait d’elle en 2022 la présidente de la Ligue des femmes de cette formation politique. Mais peu avant, elle était Membre du Département d’étude des stratégies du parti. Parlant de la spiritualité, cette épouse a évolué avec les jeunes de la Paroisse de Cahi (coordinatrice paroissiale pendant 5 ans), le Mouvement Dauphins Messeigneurs Munzihirwa-Kataliko pour ensuite œuvrer dans le Mouvement Sacerdotal Marial (MSM) ainsi que dans l’Apostolat du Couple de la Famille (ACF) où elle est, avec son époux, Vice-coordonnateur diocésain. Dans ce dernier, elle a puisé une sagesse voulue allant surtout dans le sens de faire de sa progéniture des amis pour leur bonne croissance. Publications Nathalie VUMILIA NAKABANDA, La protection de la veuve en République Démocratique du Congo. Quelle effectivité ?, Etudes africaines, L’Harmattan, 1er novembre 2017, 954 p. Nathalie VUMILIA NAKABANDA, « Postface », in Mgr Sébastien-joseph MUYENGO MULOMBE, Au pays de crimes et des martyrs. Mgr Chr. MUZIHIRWA, 25 ans après : un sacrifice pour rien ? Exigences de la création d’un Tribunal Pénal International pour la RD. Congo, Ed. Cose d’Afrique, octobre 2022. Nathalie Vumilia Nakabanda, « Monseigneur Christophe munzihirwa Mwene Ngabo, pasteur et défenseur des droits humains, de la famille, de la femme et de l’enfant », in Anicet N’TEBA MBENGI S.J. (sous la direction de), Actes du Symposium à l’occasion du 25 ème anniversaire de l’assassinat de Mgr. Christophe Munzihirwa S.J., Prophète et Martyr, Ed. Loyola, Kinshasa, 2022. Nathalie VUMILIA NAKABANDA, « Repenser la famille congolaise à l’aune de la mondialisation », In Individu, Famille, État : Réflexions sur le sens du droit de la personne, de la famille et de son patrimoine, Hommage au Professeur Jean-Louis Renchon (2 volumes), Nathalie Dandoy, Jehanne Sosson, Fabienne Tainmont et Geoffrey Willems (sous la direction

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Portraits des femmes : Sifa Modestine OCHA : « Le handicap c’est sur les membres et non dans la tête »

« J’ai dû faire face à bien des difficultés et des obstacles. J’ai eu des moments de dépression et de colère parce que je ne pouvais pas changer mon corps, ni blâmer quiconque pour cela … mais j’étais soulagé et toujours heureuse car ma famille a fait de moi une priorité », témoigne Sifa Ocha Modestine. Modestine a finalement pu surmonter son handicap parce qu’elle ne pouvait pas changer son corps, ni blâmer quiconque pour cela. Dès lors, elle est devenue une source d’encouragement pour des milliers de personnes. « Je suis née sans membres. Je n’ai ni bras ni jambes. J’ai appris à lire et à écrire grâce à l’intelligence que Dieu m’a donné et aux encouragements de ma mère. Sans me venter, si on peut faire le top 10 des personnes qui ont une belle écriture, je dois passer parmi les 5 premières », témoigne-t-elle. Cette dernière explique clairement que, sa vie n’a eu de sens pour elle qu’à partir du moment où elle a invité Jésus Christ dans sa vie et à accepter de vivre, de se battre comme toute personne malgré son handicap. « Dieu a toujours été Miséricordieux. Il m’a donné le courage de me faire confiance, me faire respecter et ne pas me laisser rabaisser par certains de mes collègues mal intentionnés qui voulaient parfois me montrer que je valais rien parce que je n’ai pas ni bras ni jambes … », indique Sifa Modestine « Ma vie témoigne que la joie de vivre ne tire pas sa source d’une condition physique quelconque, encore moins de ce qu’on peut posséder », c’est avec ces mots que Modestine appelle les autres personnes qui vivent dans une situation d’handicap quelconque, de s’accepter et se mettre au travail car le handicap c’est sur les membres et non dans la tête. Malgré son handicap, Sifa Ocha Modestine a fini ses écoles primaire et secondaire, et aujourd’hui elle possède un diplôme de grade en droit privé et judiciaire à l’Institut supérieur de nouvelle pâques. Pour sa lutte comme leadership féminin, Modestie a obtenu le prix de patriote en or, décerné par la Nouvelle dynamique de la société civile, NDSCI en septembre dernier.  

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Portraits des femmes : Antoinette Limba Nyakura, un combat acharné contre les violences faites aux femmes

Née à Bukavu au Sud-Kivu le 7 décembre 1993, Limba Nyakura Antoinette est responsable de l’organisation dénommée Femmes Leaders pour le Développement des Communautés de base. Elle a fait ses études primaires à Muhungu à Bukavu, Lycée Cirezi en pédagogie générale au secondaire avant de chuter à l’Université Officielle de Bukavu (UOB) avec une licence en sciences politiques en 2019. C’est en novembre 2021 que cette femme célibataire lance sa dynamique pendant qu’elle revenait d’une école régionale pour la paix à Goma au Nord-Kivu qui avait réuni les jeunes du Rwanda, RDC, Tanzanie et Ouganda. Plusieurs de ces derniers l’ont ainsi inspirée jusqu’à mettre sur pied cette association qui a pour focus la protection de l’environnement, l’éducation, la culture, et l’entrepreneuriat. La cible étant les femmes et les jeunes filles. Ainsi, l’organisation tient des temps en temps selon les moyens des bords des ateliers de formation pour capaciter les femmes sur leurs droits pour leur émergence ainsi que la participation dans la gestion de la chose publique. Des activités qui se mènent d’abord à Bukavu où se trouve le siège social ainsi que dans les territoires comme Kalehe, Kabare , Walungu Et Idjwi où les actions sont étendues. Georges Nyakura comptable et natif de Walungu et Deodatte Chinja commerçante, originaire de Kabare ont donné vie à Antoinette habitante de l’avenue Kibombo au quartier Ndendere. Pendant qu’étudiante dans cette université étatique, celle-ci travaillait déjà dans le cabinet de son père entant qu’assistante en 2018. Après sa licence, elle va finalement chercher le stage pour marier les théories apprises en sciences politiques à la pratique. Elle intégre donc le Caucus des femmes pour la paix en tant que stagiaire. Pendant 3 mois, elle est sérieusement édifiée sur les droits des femmes par la secrétaire exécutive de ce regroupement. Elle rejoint par la suite l’ONG IRC pour une période de 6 mois entant que chargée de suivi et évaluation. De là Antoinette foule Accountability lab comme volontaire et associée communautaire et y accomplissait certaines tâches clé en cas de besoin. Après, elle est à Karibu Jeunesse Nouvelle (KJN) depuis juin 2022 à nos jours entant que chargée des programmes. Des attributions qu’elle mixe avec ses tâches au sein de la dynamique Femmes Leaders pour le Développement des Communautés des base. Parcours politique et associatif enrichis Alors qu’à la faculté, Limba Nyakura Antoinette a intégré le secteur politique et des associations. En 2016 elle est au parti politique MLC entant que chargée de la ligue des jeunes au niveau urbain. Sans politique interne claire de promotion des braves jeunes qu’ils étaient d’après elle, cette femme qui pèse prêt de 83 kilos décide de quitter. Quitter pas pour abandonner mais pour espérer mieux ailleurs au parti dénommé Dynamique du Congo Uni (DCU) entant que secrétaire du fédéral. jusqu’en 2019. Sans apport satisfaisant aux attentes, elle bascule vers L’AFDC du sénateur Bahati Lukwebo entant que membre de la ligue des femmes. Après AFDC, cette cheffe d’entreprise décide de réintégrer de plein pieds les mouvements citoyens qu’elle avait commencé depuis l’université entant que militante. Amka Congo parce que c’est bien de ce collectif qu’il s’agit l’a, à l’en croire, forgée et jusqu’à présent elle y demeure active et compte même y intégrer son association affirmant qu’on ne peut aller loin en solo. Sachant que Amka Congo est un regroupement d’organisations de la société civile ainsi que des mouvements citoyens. Prix et reconnaissances En 2022 la Nouvelle Dynamique de la Société Civile attribue à Nyakura le prix patriote en or pour sa lutte pour la bonne gouvernance dans Amka Congo. Dans la collection grande image de la femme congolaise, Coerxi international également lui décerne une prime toujours en 2022. Action Arward en novembre 2022 et une fois de plus COEXI (Congo Excellence International) comme ambassadrice Internationale. En une phrase, Limba Nyakura Antoinette s’est décrite en une femme ambitieuse et son slogan est: « les vrais leaders ne créent pas d’adeptes, ils créent plus de leaders. Une ambition qui visiblement veut à chaque fois palper du concret vu son parcours. Étant engagée dans les associations de défense des droits humains, elle s’intéresse ainsi aux questions sociales et défend le fait que les femmes doivent s’impliquer dans le développement local et ce dernier sera toujours endogène. Par Joyce Kalumuna

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Portraits des femmes : Prisca Kanga, la danse au service du changement communautaire

Née à Bukavu le 3 mai 1998, Prisca Kanga est habitante de l’avenue Paysage en commune d’Ibanda à Bukavu. Célibataire sans enfants, elle tire ses origines du Nord-Kivu son père Faray Audace étant de Rutshuru et sa mère Mwendanga Nzigire Aline de Kabare dans le Sud-Kivu. C’est dès son bas-âge que cette troisième enfant d’une fratrie de 4 dont 1 garçon est attirée par la danse. Dans des paroisses, spectacles ou promo scolaires, elle développe petit à petit avec toute innocence cet art qui fait d’elle en ces jours, une des rares du métier à Bukavu dans le Sud-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). C’est l’école Primaire Nyalukemba qui, dans le temps, se charge de son instruction scolaire de base. Le Lycee Cirezi prend le relai au secondaire jusqu’en 5 ème des humanités pour obtenir par la suite son diplôme d’Etat à l’Institut Technique Fundi Maendeleo (ITFM) en secrétariat. Juste après, Kanga embrasse l’Université Officielle de Bukavu(UOB) dans la faculté de droit avant que sa filière de prédilection à savoir le management des projets ne la rattrape et cette fois-ci à l’UNIC-ISGEA. Elle défend son mémoire pour couronner ce cycle de licence d’ici septembre 2023. Prisca Kanga a actuellement la danse comme métier principal. En 2016 après son baccalauréat, elle intègre la compagnie culturelle Espoir où elle a appris la danse traditionnelle, le ballet et le théâtre. Elle co-fonde avec sa copine Inès Mangominja en 2019 la compagnie Phœnix, une appellation en référence à phœnix, cet oiseau immortel qui renaît de ses cendres souhaitant que toutes les amoureuses de la danse renaissent après tous les préjugés et tableau noir peints en leur défaveur particulièrement dans la ville de Bukavu. “J’ai choisi ce métier pour contribuer tant bien que mal au changement de mentalités dans nos sociétés respectives. La danse est l’une des voies de transmission d’un message. En dansant, à travers nos gestes, nous faisons tout le possible pour que le public tire une certaine leçon de nos prestations. Nous ciblons la bonne gouvernance, la citoyenneté responsable, la lutte contre les viols et violences sexuelles et celles basées sur le genre et autres. Parfois nos gestes ne sont pas révélateurs toute de suite du message voulu. Voilà pourquoi, nous travaillons parfois avec des slameurs pour dire en paroles lors des nos prestations, ce que nous nous faisons par les mouvements et gestes » Explique Prisca, 63 Kg. Elle ajoute que depuis un an, le groupe phœnix a mis sur pied un projet de danse appelé « LEO » qui est une pièce de danse qui parle de la femme dans toutes ses formes pour le respect de ses droits et devoirs. Compte tenu de ses efforts à rehausser le niveau de la danse à Bukavu, Phoenix a été au cours de ce mois d’août 2023, sélectionné pour renfoncer l’équipe de danse de Goma à travers la compagnie des algues aux jeux de la francophonie. Un travail intense qui a valu à ces coéquipiers une médaille d’argent représentant la deuxième place dans ces compétitions organisées dans la capitale congolaise à Kinshasa. L’humanitaire faisant partie intégrante des objectifs de ce groupe de danse, ce dernier à travers les 5 femmes qui la composent paie sur fonds propres issus des cotisations les frais de scolarité pour certains enfants de Miti. Une œuvre  caritative à l’Ecole Primaire Bukunda à Miti a également déjà été organisée pour assister les enfants orphelins avec des objets scolaires. L’un des plus grands projets d’avenir de Phœnix à en croire notre source c’est la création d’une école de danse à Bukavu. Malgré cette vision tout aussi louable , les défis demeurent d’ordre financiers, le manque de confiance de l’entourage, la non compréhension de tous les gestes lors des performances, l’absence d’école de chorégraphie pour apprendre davantage le métier ainsi que l’insuffisance des salles de spectacle en ville. Prisca Kanga mesure 1m54 et aime l’art, en particulier la danse et la mode. Les valeurs les plus fortes à ses yeux sont la droiture , la réussite et la disponibilité. Cette aspirante au mariage dans les années à venir préfère la couleur bleue symbole notamment de l’art et l’espoir pour un monde plus inclusif et sans anti-valeurs .

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