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Portraits des femmes : Prisca Kanga, la danse au service du changement communautaire

Née à Bukavu le 3 mai 1998, Prisca Kanga est habitante de l’avenue Paysage en commune d’Ibanda à Bukavu. Célibataire sans enfants, elle tire ses origines du Nord-Kivu son père Faray Audace étant de Rutshuru et sa mère Mwendanga Nzigire Aline de Kabare dans le Sud-Kivu.
C’est dès son bas-âge que cette troisième enfant d’une fratrie de 4 dont 1 garçon est attirée par la danse. Dans des paroisses, spectacles ou promo scolaires, elle développe petit à petit avec toute innocence cet art qui fait d’elle en ces jours, une des rares du métier à Bukavu dans le Sud-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC).
C’est l’école Primaire Nyalukemba qui, dans le temps, se charge de son instruction scolaire de base. Le Lycee Cirezi prend le relai au secondaire jusqu’en 5 ème des humanités pour obtenir par la suite son diplôme d’Etat à l’Institut Technique Fundi Maendeleo (ITFM) en secrétariat.
Juste après, Kanga embrasse l’Université Officielle de Bukavu(UOB) dans la faculté de droit avant que sa filière de prédilection à savoir le management des projets ne la rattrape et cette fois-ci à l’UNIC-ISGEA. Elle défend son mémoire pour couronner ce cycle de licence d’ici septembre 2023. Prisca Kanga a actuellement la danse comme métier principal.
En 2016 après son baccalauréat, elle intègre la compagnie culturelle Espoir où elle a appris la danse traditionnelle, le ballet et le théâtre. Elle co-fonde avec sa copine Inès Mangominja en 2019 la compagnie Phœnix, une appellation en référence à phœnix, cet oiseau immortel qui renaît de ses cendres souhaitant que toutes les amoureuses de la danse renaissent après tous les préjugés et tableau noir peints en leur défaveur particulièrement dans la ville de Bukavu.
“J’ai choisi ce métier pour contribuer tant bien que mal au changement de mentalités dans nos sociétés respectives. La danse est l’une des voies de transmission d’un message. En dansant, à travers nos gestes, nous faisons tout le possible pour que le public tire une certaine leçon de nos prestations. Nous ciblons la bonne gouvernance, la citoyenneté responsable, la lutte contre les viols et violences sexuelles et celles basées sur le genre et autres. Parfois nos gestes ne sont pas révélateurs toute de suite du message voulu. Voilà pourquoi, nous travaillons parfois avec des slameurs pour dire en paroles lors des nos prestations, ce que nous nous faisons par les mouvements et gestes » Explique Prisca, 63 Kg.
Elle ajoute que depuis un an, le groupe phœnix a mis sur pied un projet de danse appelé « LEO » qui est une pièce de danse qui parle de la femme dans toutes ses formes pour le respect de ses droits et devoirs.
Compte tenu de ses efforts à rehausser le niveau de la danse à Bukavu, Phoenix a été
au cours de ce mois d’août 2023, sélectionné pour renfoncer l’équipe de danse de Goma à travers la compagnie des algues aux jeux de la francophonie. Un travail intense qui a valu à ces coéquipiers une médaille d’argent représentant la deuxième place dans ces compétitions organisées dans la capitale congolaise à Kinshasa.
L’humanitaire faisant partie intégrante des objectifs de ce groupe de danse, ce dernier à travers les 5 femmes qui la composent paie sur fonds propres issus des cotisations les frais de scolarité pour certains enfants de Miti.
Une œuvre  caritative à l’Ecole Primaire Bukunda à Miti a également déjà été organisée pour assister les enfants orphelins avec des objets scolaires.
L’un des plus grands projets d’avenir de Phœnix à en croire notre source c’est la création d’une école de danse à Bukavu. Malgré cette vision tout aussi louable , les défis demeurent d’ordre financiers, le manque de confiance de l’entourage, la non compréhension de tous les gestes lors des performances, l’absence d’école de chorégraphie pour apprendre davantage le métier ainsi que l’insuffisance des salles de spectacle en ville.
Prisca Kanga mesure 1m54 et aime l’art, en particulier la danse et la mode. Les valeurs les plus fortes à ses yeux sont la droiture , la réussite et la disponibilité. Cette aspirante au mariage dans les années à venir préfère la couleur bleue symbole notamment de l’art et l’espoir pour un monde plus inclusif et
sans anti-valeurs .

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